mardi 16 août 2011

16 août 2011 - Les quartiers Russes

Lorsque je suis arrivé pour la première fois en Russie, j'ai été particulièrement marqué par les immeubles  d'habitations. C'était en l'an 2000 à Tobolsk, en Sibérie.
Nous sommes entrés, en Jigouli, dans ces quartiers où nous étions entourés de hauts immeubles d'environ 8 étages,  je dois avouer qu'avec mes yeux de Français vivant dans une maison, j'ai eu quelques frissons.
Il s'agissait de vieux immeubles de l'époque soviétique, tous identiques, marqués par le temps, d'aspect extérieur  très vétustes.
Les routes alentours, quand elles étaient bétonnées, étaient pleines de trous, dû certainement à la rudesse de  l'hiver...
Sur le chemin qui nous amenait à l'appartement, nous avons croisés d'autres Jigoulis, de nombreuses personnes se  baladaient dans les rues. Certaines discutaient entre elles, d'autres réparaient leurs voitures, des grands mères  étaient assises sur des bancs en bas des immeubles.
Mon beau-père m'a avoué par la suite qu'il avait volontairement pris la pire route pour arriver à l'appartement,  juste pour voir ma réaction :D
En entrant dans l'immeuble par le grosse métallique bleue, mes yeux de Français ont eu l'impression de voir une zone  en chantier non terminé. Les murs et le sol était en béton gris brut, les boites aux lettres en métal étaient  toutes tordues.
J'ai appris plus tard, qu'en Russie, les gens ne se soucient pas vraiment de l'aspect extérieur, ce que l'on  appelle chez nous "parties communes", il préfèrent en effet mettre tous leurs efforts dans leur intérieur...
J'avoue que ces premières minutes d'intégration dans un quartier d'habitations Russe ont été pour moi très fortes  en émotions, je n'étais pas particulièrement rassuré par cet environnement...
Mais, je me suis rapidement rendu compte que la réalité était tout autre. En effet, mes yeux de Français faisaient  un parallèle avec certains quartiers difficiles que l'on peut trouver en France.
Lorsque mes yeux et mon esprit se sont ouverts au changement de culture, j'ai pu me rendre compte que ces quartiers  sont en fait des quartiers tout simplement typique et normaux de l'époque soviétique, habités par des gens normaux,  par des familles, par des babouchkas qui régulièrement se retrouvent en bas des immeubles, installés sur des bancs  de bois souvent peint de rouge et de vert, où les conversations sont animées tout en grignotant des graines de  tournesols (des cimitchki), pendant que les enfants s'amusent sur les balançoires et autres jeux disposés à leur  intention sur la place au milieu des immeubles...
J'ai remarqué que les gens sont de nature curieuse, et que lorsque leur attention était attirée par ma manière de  parler (le Français), ils venaient vers moi avec de grands sourires et me posaient pleins de questions... Leur  accueil m'a rapidement mis à l'aise...
J'ai donc appris qu'il ne faut pas s'arrêter à l'apparence des choses, et qu'en creusant un peu, en acceptant la  différence, on trouve derrière cette apparence de très belles histoires...

De nos jours, en 2011, de nouveaux bâtiments font quotidiennement surface et cotoyent les vieux bâtiments. Les  babouchkas sont toujours en pleines conversations sur leurs bancs au bas des immeubles, et grignottent toujours  leurs graines de tournesol...

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